A propos de la construction de logements en France

On connaîtra en janvier le nombre de logements construits cette année en France. Sans doute autour de 320/330 000, peut-être moins. Les dernières promesses électorales étaient de 500 000. On est loin du compte.

Pourquoi est-il important de s’intéresser au nombre de logements construits ?

Parce que c’est l’un des indices les plus caractéristiques le la santé économique d’un pays. La population française augmente de 320 000 personnes par an, moyenne constatée depuis trois ans. Cela absorbe arithmétiquement le tiers des constructions de cette année.
Les pouvoirs publics ont annoncé l’objectif ambitieux de diviser par quatre les consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’ici 2050. Or, un tiers des 27 000 000 de logements que compte le parc français actuel est déclaré porteur de défauts majeurs sur ce plan. En 36 ans, d’ici 2050, c’est donc 250 000 logements qu’il faudrait reconstruire tous les ans pour satisfaire ce seul souci, on dépasse déjà la production totale de cette année.

Mais, il faut tenir compte aussi des autres facteurs. L’évolution des cadres de vie, des besoins de confort ou d’équipements techniques : les générations nouvelles ne se contentent plus du logement de papy-mamie. La décohabitation : on se “met en ménage“ de plus en plus tôt ; on garde ses anciens de moins en moins longtemps. Le développement des résidences secondaires : ce sont autant de résidences principales en moins. Etc.

Ce sont tous ces facteurs qui amènent les prévisionnistes à calculer l’objectif de 500 000 logements neufs à construire par an.
Une France qui ne respecte pas cet objectif est une France qui se paupérise.
Pourtant, l’actuel gouvernement a pris quelques bonnes décisions, comme certaines simplifications des normes de construction, des contraintes dues aux handicapés, des nombres de parkings, des recours sur permis de construire, etc.

Mais c’est un élan d’une autre ampleur qu’il faut déclencher. L’État aurait financé en direct 100 000 habitations sociales cette année. On peut se demander quelle est la justification, pour le contribuable, de s’ériger ainsi en promoteur constructeur. C’est la dérive habituelle des pouvoirs publics qui se jugent seuls vertueux et compétents, et veulent faire tout par eux-mêmes. On a même vu des Départements acheter des bulldozers et des camions pour concurrencer, avec l’argent public, les entrepreneurs qui les financent. Que l’État se soucie de faire obtenir par chaque famille un logement décent, c’est son rôle. Mais il doit alors se pencher sur le cas de ces familles-là et les aider, si nécessaire, par des allocations, et non construire lui-même. C’est le vieux débat de l’aide à la personne contre l’aide à la pierre.

L’aide à la pierre, c’est à dire aux constructeurs, conduit toujours à la défiance — on ne refera pas l’esprit fonction publique — et donc à l’échec. Si l’on veut atteindre ces 500 000 logements construits par an, il faut mobiliser tous les Français. Il faut que tous les épargnants voient en cet investissement-là un rendement correct et sécurisé sur le long terme. Ce n’est pas en vouant les propriétaires investisseurs aux gémonies et en encourageant les locataires indélicats que l’on atteindra ce but. L’idéologie n’a pas sa place dans l’économie.

conjoncture crise investissement financier

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