Baisse des prix de l'immobilier ?

prix-immobilier-humour.jpgLes prix de l’immobilier baissent, faut-il s’en réjouir ? Il y a deux sortes d’immobilier, le neuf et l’ancien.

1- S’agissant du neuf, le prix est toujours fixé à partir du prix de revient auquel le promoteur ajoute sa marge. Je ne connais pas de professionnel qui fasse autrement. Le prix de revient, c’est le coût du terrain, le prix des entreprises et les honoraires et taxes diverses qui s’y ajoutent. Sur tous ces postes, le promoteur ne peut pas grand-chose, sauf à sacrifier la qualité. Quant à sa marge, elle peut être un gain de 10% quand tout se passe très bien ; elle peut être une perte de 10%, de 20 ou plus, quand tout va mal. Comme il y a toujours une opération qui se déroule mal pour quelques-unes qui se passent bien, le solde en fin de compte est généralement, sur le long terme, de quelques pour cent. Cela veut dire que si les prix baissent brutalement de façon importante, c’est que le promoteur vend à perte. On m’expliquera en quoi cela peut être un bienfait pour l’économie.

2- Quant à l’ancien, là, le coût de revient n’a plus beaucoup de sens, seule compte la loi de l’offre et de la demande. Dans une époque de belle euphorie économique, quand les salaires sont solides, quand les prêts sont généreusement accordés, la demande d’achat de logements est forte. Les vendeurs en profitent pour rêver… À l’inverse, si les prix de cette catégorie baissent sensiblement, c’est que la demande n’est plus solvable. Je ne sache pas que ce soit, là non plus, le signe d’une économie florissante.

Dans ces deux cas, se réjouir de la dégringolade de l’immobilier est une jouissance sotte et à courte vue.

Autre chose est le phénomène des bulles immobilières. Il s’agit de ces pays qui investissent à blanc, avec l’argent public souvent, dans des quantités pharaoniques de logements inutiles, croyant ainsi développer l’économie de leur pays. Qu’ils ne s’étonnent pas, alors, que la fameuse bulle leur éclate au visage. Le bâtiment doit suivre l’industrie, pas l’inverse.

Ps : une petite précision concernant l’adage “quand le bâtiment va, tout va“. C’est du bateau qu’il s’agit, et non de l’activité du BTP…

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