Le prix de l'immobilier ancien.

Maison-billetsVoilà donc le dossier du prix de l’immobilier en France revenu sur le tapis. « L’immobilier ancien est trop cher. C’est la faute aux promoteurs » ! Voilà le discours.

Je crois que la mesure la plus salutaire serait de fermer l’ENA et de créer une autre école où l’on n’apprendrait pas à faire de la politique, mais à gérer un pays. Il n’y a aucun rapport entre le coût de la construction et le prix de l’immobilier ancien.

Un promoteur ne fait que revendre ce qu’il a acheté, en y ajoutant son bénéfice. Et quand, à la sortie, il n’y a pas de bénéfice, il met la main à la poche. Et si la poche est vide, il dépose son bilan ! Quant à l’entrepreneur, j’ai fait ce métier assez longtemps pour savoir que si vous rayez la ligne “bénéfice“ du devis, vous ne changez pas grand-chose à son total.

Alors, dans les deux cas, tondre un œuf ne changera rien au prix que Monsieur (ou Madame) Untel demande pour revendre sa maison ou son appartement. Comment raisonne celui-ci ? Il estime ce que son acquisition, jadis, lui a coûté, y compris les frais, y compris les travaux qu’il y a faits depuis, et y compris les intérêts payés au banquier prêteur pendant trente ans ! Il actualise tout cela au fil des ans, il y ajoute son bénéfice (autant faire une affaire), et voilà son prix de vente. Ce faisant, il aura été logé gratuitement pendant tout ce temps, et il met sur le marché une maison plus chère qu’elle coûterait à reconstruire.

Quelle justification y-a-t-il à ce qu’une maison “lambda“ se bonifie avec le temps; comme une bouteille de bon vin ? Pourquoi une maison qui n’a aucune valeur architecturale et patrimoniale, qui n’est plus aux normes de confort, qui n’est plus adaptée au mode de vie, et qui a besoin de réparations, vaudrait-elle aussi cher, sinon plus, que la même construction neuve ? Est-ce qu’une voiture d’occasion “de série“ vaut plus cher qu’une neuve ? « Ce n’est pas la même chose », répond celui qui ne veut pas répondre. Non, en effet, et c’est bien là le problème. Il est d’ailleurs paradoxal d’entendre les mêmes se plaindre de leur environnement qui s’est dégradé du fait de l’urbanisation périphérique, et exiger néanmoins une plus-value à la revente de leur maison. Tant qu’il n’y aura pas un marché réel de l’occasion de l’immobilier, l’inflation galopera, incontrôlée.

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