Loi de finance 2013 pour l'immobilier ?

resort-amboise-52.jpgLa loi de finance 2013 a donc été présentée au conseil des ministres.

 Le secteur de l'immobilier souffre, de façon chronique, des systématiques bouleversements imposés par les élus. C’est plus spécifiquement le cas lors des alternances politiques, comme aujourd'hui. Les raisons de ces bouleversements cycliques sont souvent bien éloignées des attentes du marché, des nécessités économiques ou même des souhaits de justice fiscale et répondent plutôt à des contingences idéologiques, voire clientélistes.

C’est bien dommage. L’investisseur qui est le moteur du développement immobilier a besoin de temps et de sérénité. Il doit être rassuré par la pérennité des lois et des règles financières et fiscales. Il ne doit surtout pas craindre de voir son travail – Oui ! Il travaille, lui aussi – ruiné par l’arbitraire d’une décision politique. Les risques « naturels », qu’il doit assumer, sont déjà très grands. A ce titre et pour ne citer que celui-là en exemple, l’impact des crises sur ses locataires le conduit à assumer des baisses de loyers, donc des remises en cause inopinées de son plan de financement, de sa rentabilité et donc de la rémunération de son investissement, soit la juste rémunération du fruit de son travail.

Or, nous constatons aujourd’hui  une fuite dramatique des investisseurs immobiliers.

Les « petits investisseurs », soit les particuliers, sont découragés par les diminutions des avantages fiscaux. Il faut comprendre que ces avantages ne sont pas des privilèges de riches, mais des compensations légitimes offertes aux particuliers par rapport aux entreprises, dans le domaine de l’investissement immobilier. En effet, là où une entreprise peut amortir, donc défiscaliser son investissement,  il n’est que justice de prévoir qu’il en soit de même pour le particulier… sauf si, par idéologie, on ne souhaite pas que le particulier investisse. On voit là que l’intérêt idéologique d’élus – On n’aime pas le riche, donc le propriétaire par rapport au locataire par exemple, sans réfléchir car lequel des deux est finalement le plus riche ? Car sauf erreur, ce n’est pas le statut qui fait la fortune – participe à l’instabilité du marché et à la fuite de ceux qui pourraient produire les bâtiments nécessaires à l’économie. Pour le logement, on notera d’ailleurs que la protection excessive du locataire – là encore pour respecter la sacro-sainte règle ci-dessus énoncée – rend déjà le marché peu fluide et plombe la rentabilité de l’investissement. D’ailleurs, les effets pervers des lois excessivement protectives du pseudo « faible locataire » se retournent contre lui. C’est ainsi que la réponse des investisseurs privés prend actuellement la forme du développement des acquisitions en meublés, dont les baux sont bien plus souples. Les besoins de logements meublés sont-ils réels, ou l’inutile jacobinisme imposé au marché de l’immobilier de logement nu est-il la cause du développement des biens meublés ? Est-ce bien le rôle de l’investisseur particulier de produire des nécessaires logements hors marché, HLM ou autres, c'est-à-dire de lui imposer ce que l’Etat impécunieux ne peut plus faire : perdre encore de l’argent pour loger les pauvres ? Ses impôts ne sont-ils pas là déjà pour ça ?

Les « gros investisseurs », soit les foncières ou autres, ont aussi déserté le marché. Pour preuve, il suffit d’entendre le gouvernement, paniqué face à ses objectifs illusoires de construction, envisager aujourd’hui de forcer les compagnies d’assurance à investir dans ce secteur. Voilà bien un  vœu voué à l’échec. A-t-on déjà vu, en dehors des succès magnifiques de l’URSS de la grande époque, des entreprises obéir à l’Etat et produire à perte ?

Voilà donc une nouvelle loi de finance (PLF 2013 : les premières mesures - Business-Immo) qui, chacun en jugera, illustre ce triste constat et fait que l’immobilier va ainsi, tristement d’alternance en alternance, jusqu’à… ce qu’il n’aille plus du tout. Ce serait bien triste pour nous tous car l’activité immobilière, avec sa conséquence immédiate de construction est le premier employeur de France. Et peut-être pourrions-nous penser aussi à ne pas inutilement creuser le chômage.

conjoncture crise particuliers juridique

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Commentaires (2)

1. C.Huet 03/10/2012

A lire sur le même sujet : http://www.businessimmo.com/contents/23518/budget-pipe-ou-budget-pipeau.

2. B. Huet (site web) 01/10/2012

Et pourtant, il faut continuer d'investir dans l'immobilier. Les gouvernements passent, même les mauvais. Le besoin de logements reste, en expansion comme l'Univers… Et sur le long terme, à condition de choisir un programme bien placé et bien construit (ils ne le sont pas tous), l'épargne reste protégée.

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